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POURQUOI J’AIME VOYAGER SEULE

L’une des questions que l’on me pose le plus souvent est « tu n’as pas peur de voyager seule » ?

Que l’on soit homme ou femme, le voyage en solo intrigue toujours un peu, fascine même parfois..

Pour certains, le principal obstacle est la peur : peur de ne pas avoir quelqu’un sur qui compter en cas de problème, peur de l’insécurité, peur de l’ennui, peur de ne pas savoir se débrouiller tout seul, et que sais-je encore.

Le jour de mon départ en tour du monde en solo (2011)

En réalité, ce n’est pas que j’aime voyager seule, c’est que J’ADORE voyager seule, et c’est parfois difficile à expliquer aux personnes qui aimeraient m’accompagner.

Je vais tenter de vous énumérer les avantages et les inconvénients à partir seul.e et vous jugerez par vous-même.
J’ai cité les avantages et inconvénients du voyage en solo sous mon angle (je ne suis certainement pas la plus féminine des voyageuses mais je reste femme), cet article est donc plutôt orienté de mon point de vue féminin mais les hommes se reconnaîtront aussi en partie.

On profite beaucoup plus de son voyage en étant seul.e

C’est LA raison principale, c’est le motif qui prend le dessus sur tous les autres, même si cela comporte des avantages et des inconvénients.

Alors, partir voyager seul.e,
partir à deux
ou voyager en groupe ?

LES AVANTAGES À VOYAGER SEUL.E

On profite davantage de son voyage en étant seul.e

Parce que l’on est concentré sur ce que l’on voit, sur ce que l’on vit, à chaque instant, on profite beaucoup plus, on ressent les émotions beaucoup plus intensément.
Lorsque l’on voyage à deux ou en groupe, l’on a tendance à échanger, discuter, bavarder pendant le voyage ; l’attention est reportée sur l’autre plutôt que se le lieu que l’on découvre.
De la même façon, si l’on rencontre une personne locale, la discussion n’est plus à double sens mais se divise en autant de participants que de personnes, laissant parfois moins de place à la découverte de l’autre.

C’est la liberté totale

Certainement l’un des avantages que l’on vous citera en premier.
On n’a aucun compromis à faire avec personne, c’est la liberté totale, on fait ce qu’on veut, quand on veut et comme on veut, en commençant par le choix des dates du voyage qui peuvent permettre de partir hors-saison et de réduire le coût du voyage.
La durée d’un voyage étant la plupart du temps limitée, il faut faire des choix et ces choix ne correspondent pas toujours à ses propres envies, alors on fait des concessions qui peuvent parfois être frustrantes. En terme d’activités, d’horaires, de rencontres, lorsque l’on voyage seule, on est totalement libre de faire les choses comme cela nous convient le mieux et au moment où l’on en a envie.

Les autres sont plus solidaires, on obtient plus de faveurs

Sans parler des avantages évidents à être une femme (il y aussi les inconvénients, bien entendu !), les gens sont très souvent plus aimables, plus aidants, plus solidaires et plus avenants lorsque l’on voyage seul.e. ils sont aussi plus curieux et cela génère plus d’opportunités de rencontres.
Parce qu’ils sont admiratifs (?) et encore plus envers une femme, ils sont contents de vous soutenir.
C’est un peu comme les gens qui applaudissent les cyclistes sur le bord de la route, ils sont prêts à vous aider, vous renseigner, vous donner un coup de main, ça permet les rencontres et ça fait chaud au cœur.

On obtient plus d’avantages

Forcément, en étant tout seul, on trouve plus facilement de la place pour héberger dans hôtels, les dortoirs, pour les transports, les excursions, etc., c’est un avantage qui permet d’organiser son voyage avec davantage de flexibilité comme celui de ne rien réserver à l’avance.

On fait davantage de connaissances et surtout avec les locaux

En étant seul.e, on est d’abord plus enclin à communiquer avec les autres.
Avec d’autres voyageurs (pour peu qu’il y en ait), on peut ainsi glaner des informations, des bons plans, des avis et actualiser ses informations.
Avec les locaux, surtout, car on a forcement par moments besoin de poser des questions, ; « où se trouve », « comment fait-on », « comment trouve-t-on », « à quelle heure »… sont des mots clefs que vous manipulerez au quotidien et qui peuvent être les premiers pas vers une conversation, voire une amitié avec les locaux, même malgré la barrière de la langue.
Je raconte ici comment j’ai passé un bout d’après-midi à « discuter » comme je pouvais avec une vietnamienne, entre langue des signes et des phrases choisies dans mon guide de conversation. C’est un excellent souvenir que je garde en mémoire. Ce sont souvent de très beaux partages favorisés par le fait d’être seul.e.

On peut mieux se concentrer sur la découverte du pays

N’avez-vous jamais eu l’impression d’avoir passé votre temps à suivre quelqu’un lors d’un voyage, ne pas avoir regardé une seule fois la carte, n’avoir pas pu vous repérer dans l’espace ?

Eh bien en voyageant seul.e, cela ne risque pas de vous arriver car vous serez le maître de la carte et vous deviendrez un.e expert en orientation !

On n’a pas à « suivre » ou se retrouver chef de meute…(voire de troupeau)

Avec mon image de voyageuse et mon plaisir à organiser les voyages, dans la plupart des cas lorsque j’ai voyagé en couple ou avec des amis, je me suis placée ou retrouvée malgré moi en position de leader. C’est parfois un plaisir car d’une part on maîtrise l’organisation mais cela peut vite devenir une contrainte parce que l’on doit d’une part composer avec tout le monde et parce qu’on peut finir par avoir l’impression d’être un moniteur de colo ou une centrale d’information (je ne m’appelle pas « OK Google ! » d’autant plus que l’on doit parfois jongler entre 2, voir 3 langues en permanence pour traduire au groupe, c’est usant et très fatiguant ; on finit par avoir l’impression de ne plus profiter du voyage.

D’un autre côté, cela fait franchement parfois du bien de se laisser guider, se faire tenir par la main, n’avoir rien à penser ni organiser, juste profiter. Oui, mais pour cela il faut avoir confiance, pour ma part je suis exigeante et je ne me laisse vraiment porter que lorsque j’ai l’impression d’avoir trouvé « mon maître » en terme d’organisation, alors là, je suis les yeux fermés, c’est très reposant mais finit par avoir un inconvénient : celui de ne pas avoir la pleine conscience du voyage dans le temps ni dans l’espace comme je l’évoque dans le point précédent.

On peut mieux se concentrer sur la découverte de soi-même

Nos rythmes de vie effrénés nous laissent peu de temps pour être seul avec soi-même. La télé, la musique, nos devoirs et activités ne nous laissent pas le temps de penser, de prendre de la distance et on préfère parfois même ne pas se poser la question de ce que l’on veut vraiment que ce soit dans l’instant ou dans la vie en général.

Le voyage fait grandir, il donne -aussi- l’opportunité de se demander ce que l’on veut dans sa vie, mais aussi d’accepter sa condition et les éléments sur lesquels il est difficile d’avoir une maîtrise.
Un temps pour soi c’est important, et le fait de pouvoir pratiquer cette réflexion dans un cadre que l’on a choisi et qui nous est positif est un élément essentiel à la construction et au développement de sa conscience.
Quand on voyage seul, on ne peut pas se mentir, on n’a personne à qui mentir, on est face à soi-même et personne d’autre.

On évite les surprises avec des personnes dont on découvre certaines facettes inattendues

Ça sent le vécu… ! Partir en voyage avec des personnes que l’on connaît peu, peut réserver de (mauvaises) surprises. Partir avec des gens que l’on connaît bien peut AUSSI réserver de sacré mauvaises surprises d’autant plus contrariantes par la déception et la frustration qu’elles suscitent !

Vivre au quotidien 24/24h avec une personne, même si l’on croit bien la connaître, peut révéler en vous comme en elle des comportements que l’on n’aurait jamais imaginé. La fatigue, le stress que peuvent parfois provoquer le voyage peuvent en être la source, d’autres paramètres propres au vécu et à la psychologie de chacun en sont d’autres ; une personne peut vous pourrir un voyage… et je sais de quoi je parle !

On oublie les histoires d’argent

« J’ai payé le restau les 4 derniers jours et tu n’as toujours pas cassé ton seul billet »… inutile de vous refaire le sketche de Muriel Robin au moment de payer l’addition du restaurant. On est maître de son budget, on en fait ce que l’on veut et surtout, on évite les embrouilles de comptes à la noix.

Quand on voyage seul.e on n’est jamais seul.e

J’ai mis ce point à la fin de la liste pour une bonne et unique raison : c’est vrai, mais seulement si l’on en a envie.
En effet, il devient même parfois difficile de rester seul.e en voyage. Si par exemple vous décidez de séjourner dans des auberges de jeunesse (qui facilitent amplement les rencontres), de faire des excursions en groupe, pour peu que vous le vouliez, vous ne resterez jamais longtemps tout.e seul.e. Il y a aujourd’hui une majorité de femmes et d’hommes voyageant seuls, et la plupart seront ravi.e.s de partager un moment voire un bout de route avec vous.

En ce qui me concerne, pour toutes les raisons que j’ai évoquées au dessus, je préfère rester seule la plupart du temps lorsque je voyage, ce qui ne m’empêche pas de partager des moments et même des bouts de route avec d’autres voyageurs ou des locaux, mais je veille à ce que cela ne vienne pas « parasiter » mon voyage.
Je n’ai donc pas peur de m’éclipser d’un groupe pour privilégier à nouveau le fantastique sentiment de plénitude que constitue le voyage, MON voyage qui est aussi intérieur.

INCONVENIENTS À VOYAGER SEUL.E

Il faut se débrouiller tout.e seul.e

Surprise ! Eh oui, il va falloir se prendre en main d’un bout à l’autre du voyage.

Les voyages forment la jeunesse, ils font grandir, rendent responsable et ouvrent l’esprit, était-ce utile de le rappeler ?

On doit faire toutes les recherches soi-même, tout le temps

Depuis la préparation du voyage jusqu’aux recherches sur place, il faut se débrouiller tout seul. Par exemple dans certains pays, les horaires des transports sont impossibles à trouver en ligne, il faut aller à la station (de train ou de bus) pour se renseigner. La barrière de la langue peut être un autre obstacle que l’on dépasse parfois plus facilement à deux ou en groupe.
On ne peut pas se distribuer les tâches « toi tu vas voir les horaires du train pendant que je vais voir où changer de l’argent », « tu vas payer l’hôtel pendant que je finis de ranger nos affaires »… alors il faut être organisé, consciencieux, penser à tout, et c’est parfois fatigant.

On doit être plus responsable

On doit se prendre en charge, anticiper, préparer son voyage, être attentif et prudent à chaque instant, car personne ne sera là pour veiller sur vous ou réparer une erreur.
Pour une femme, pas question par exemple de finir la nuit à boire des pintes dans un bar avec des inconnus, alors on peut faire la fête, mais on reste vigilant et toujours maître de soi.

On doit être plus vigilant à sa sécurité

Personne pour vous tirer le bras si vous êtes en train de traverser la route alors qu’un 36 tonnes arrive à 150 km/ heure, personne pour vous donner la main si vous venez de glisser dans un ravin… alors on fait attention à soi et on ne prend pas de risques inutiles, on ne part pas en rando tout seul, on ne se balade pas à 4 heures du matin dans le Bronx (en même temps, l’auriez vous fait avec votre compagnon de voyage?).
Quelques petites contraintes qu’il faut accepter parce que quand on est seul.e, on est parfois moins en sécurité.

On est plus vulnérable

Et en particulier en tant que femme. On peut se faire voler ou arnaquer plus facilement, on est une proie plus facile, on est moins en sécurité. Et parce que l’on doit tout gérer tout.e seul.e, on est parfois plus fatigué.e, il faut donc redoubler d’attention et de précautions.

L’un des principes clefs du voyage en solo c’est par conséquent d’éviter le surmenage.

Souvenez-vous en à chaque instant : la fatigue est le pire ennemi du voyageur.

On doit veiller à ses bagages tout.e seul.e

C’est l’un des « petits inconvénients » qui au quotidien prennent de l’énergie.
Ne jamais laisser ses bagages seuls et se trimbaler avec sac à dos et autres bagages jusque dans les toilettes sales et exiguës que l’on vient de trouver d’urgence… courir d’un bout à l’autre du terminal de bus ou de la gare car vous n’avez que 5mn de marge entre deux transports, ce sont des moments où l’on se souvient que c’est quand même sympa de pouvoir confier ses sacs à quelqu’un de confiance. Bon, ce n’est évidemment pas le seul avantage à voyager en compagnie (ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit!) mais dans ces moments on s’en rappelle bien.
En même temps, cela permet aussi d’éviter le genre de situation où l’on vous a volé le sac que vous aviez laissé aux pieds de votre compagnon de voyage qui est un peu distrait… autant n’avoir à s’en prendre qu’à soi-même.

On n’a personne avec qui partager ses émotions sur le moment

C’est l’une des plus grandes frustrations à mon goût : se retrouver devant un paysage irréel de beauté, un beau monument, un superbe coucher de soleil et ne pas pouvoir partager ce moment avec quelqu’un est un peu triste.
Pour ma part, j’ai trouvé dans l’écriture et la photo les moyens (entre autres) de compenser parfaitement ce manque et je profite encore plus du moment en me demandant par quel angle je vais pouvoir partager l’intensité de l’émotion que je ressens pour tenter de transmettre cette même intensité.
Les réseaux sociaux me permettent une fois de plus de compenser ce manque ; je ne poste pas pour chercher l’audience, je poste parce que j’ai envie, par besoin de PARTAGER, sachant qu’il y aura toujours quelqu’un pour me faire savoir que le partage à réussi.
À ce sujet il m’arrive de reprocher à mes amis qui me suivent ‘incognito » leur silence, lorsque je découvre qu’ils profitent de mes partages je leur dis que ce sont des égoïstes, car ils profitent sans partager à leur tour ce qu’ils ressentent !

Au final, cela peut même être encore plus satisfaisant que de partager un moment avec quelqu’un qui ne ressent pas la même chose que soi, ou qui n’a pas la capacité à l’exprimer…, non ?

On n’a personne sur qui se reposer

Physiquement et moralement, c’est parfois dur.
Pas d’épaule sur qui poser sa tête dans le train, le bus, l’avion, pas de main tendue pour se relever quand on a plus de 20 kilos sur le dos, pas de bras à tenir pour traverser une rue où les voitures et les motos ne vous cèdent pas le passage, et bien sûr pas d’autre personne pour prendre la relève lorsqu’on est fatigué ou malade.

On n’a pas de personne avec qui échanger de l’amour ou de la tendresse

Je ne vais pas vous faire un dessin, s’endormir blottie contre la personne que l’on aime est un moment privilégié qu’il faut mettre de côte lorsque l’on voyage seul.e.
Bien entendu, rien n’empêche les rencontres et même les aventures d’un soir, mais ce n’est pas pareil, il faut l’accepter et cette acceptation fait partie d’un travail sur soi que j’ai personnellement effectué pendant mon tour du monde. L’on en sort grandi et tellement plus libre.

On n’a personne pour se réconforter

Il arrive que les choses ne se passent pas comme on les avait prévues, ou qu’elles ne se passent pas bien tout simplement. La fatigue, les hormones, un incident ou pire, un accident et c’est la baisse de moral assurée.
Personne pour avoir les mots qu’il faut, personne avec qui parler, échanger, se confier.
Une fois encore, même si internet ou le téléphone ne compenseront pas la présence physique d’un.e ami.e ou d’un proche qui vous prendrait dans ses bras, ils peuvent largement compenser l’absence de personne avec qui parler de vive voix. J’ai très rarement eu des coups de blues pendant mes voyages seule, et lorsque cela a pu arriver, grâce aux moyens de communication j’ai toujours pu trouver quelqu’un pour me réconforter malgré la distance. D’une façon ou d’une autre, il y a toujours quelqu’un à un bout de la planète qui est connecté (car en voyagean on finit par avoir des connaissances aux 4 coins du monde) et parfois une discussion qui commence par un simple « Salut ça va ? » peut se transformer en un moment d’échange qui vous fera aller mieux et reprendre la pêche.

Le voyage seul.e coûte plus cher

Pas de réduction de groupe, pas d’effet d’économie car on ne peut pas diviser les coûts, ni de la nourriture (pas trop faim ? un plat pour deux suffira…), ni du budget logement (la chambre seule est généralement au même prix que pour un couple), alors on à le budget ou fait autrement et on choisit le dortoir. Il faut néanmoins noter que dans de nombreux pays la chambre privée est à peine plus cher qu’un lit dans un dortoir ou qu’un voyage hors saison permet aussi de se retrouver tout seul la plupart du temps dans les dortoirs comme je le raconte dans cet article.

Le sac à dos pèse plus lourd

Si comme moi vous êtes incapable de voyager léger, le voyage en solo pèse aussi plus lourd sur votre dos puisque vous devrez emporter tout ce que vous jugez utile sans pouvoir partager le poids ou le coût avec votre compagnon de voyage. Pas de dentifrice ou de shampoing pour deux, pas de musclor pour porter tous les jolis coquillages et autres souvenirs que vous avez ramassé pendant tout votre séjour, on assume ses caprices !

Et finalement… on prend de mauvaises habitudes !

À ne jamais avoir de contraintes, pouvoir décider seul.e de tout, pouvoir changer d’avis ou de programme 15 fois dans la journée si ça nous chante, on peut avoir tendance à devenir moins flexible lorsque l’on se retrouve à nouveau à deux ou en groupe, on devient « égoïste » et parfois même capricieux puisqu’on ne veut pas ou plus faire de compromis.
On à découvert la « liberté » et elle vient s’ajouter au virus du voyage !

Et vous ? Que pensez-vous du voyage en solo ?
Y voyez-vous d’autres avantages ou d’autres inconvénients ?
Comment vivez-vous vos voyages en solo ou en compagnie d’autres humains ? (humour)

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