volcan piton fournaise la réunion

Éruption du volcan Piton de la Fournaise à La Réunion !

Vivre l’éruption d’un volcan, une expérience inoubliable

C’est arrivé. C’est arrivé le 4 février 2015 à 11h10. 
La dernière datait du 21 juin, probablement pour fêter la musique. A midi, j’étais devant le rayon sodas du supermarché lorsque mon téléphone à sonné. « Devine pour quoi je t’appelle ? », il ne m’a pas fallu plus de 2 secondes pour comprendre et hurler dans le téléphone (et tout le supermarché par la même occasion) : « La pétééééééé !!! Le volcannnn la pétééééééééé !!! ». Eh oui, à un mois de quitter La Réunion, je m’étais -presque- faite à l’idée que je ne verrai pas le volcan entrer en éruption. Nous l’attendions pourtant tous depuis la mi-décembre, où des signes d’activité avaient été signalés. 
Une première alerte suspendue quelques jours plus tard, mon sac à dos qui attendait à la porte depuis des semaines, une deuxième alerte et les paris qui allaient bon train. On l’attendait même pour le soir de Noël, et puis, l’avis d’alerte avait à nouveau été levé. Bon, m’étais-je dit en regardant mon sac avec dépit, ma lampe frontale, les barres de céréales, les piles de rechange, le sous-pull, le pull, la polaire et ma doudoune resteraient pliés dans un coin de ma chambre, définitivement. Car ce n’est pas avec les chaleurs accablantes que nous subissons depuis le mois de décembre sur la côte ouest de l’île que je risquais d’en faire usage. 
 
Plaine des Sables

Enfin, l’obstination paye. Car si je n’ai trouvé personne pour m’emmener dès le 1er jour et malgré mon état proche de l’hystérie tout au long de la journée, c’est dès 13h le lendemain matin que j’ai pu partir en trombe jusqu’au volcan.

Brouillard sur le sentier

La météo annoncée n’était pas favorable. Après 1h30 de route sans relâcher le champignon et à peine arrivés sur le parking presque vide, le brouillard commençait à tomber. Pas moyen de me faire rebrousser chemin. Pas moyen.

 
Mon sac bien chargé avec tout mon matériel photo, mon « kit de survie au froid, à la faim et à la soif » sur le dos, il n’y avait plus qu’à rejoindre l’endroit qui avait été indiqué pour avoir la meilleure observation. Quatre mois que je n’avais pas randonné, mais le sentier ne présentait aucune difficulté. 
Au bout d’une demi-heure nous rejoignions le premier spot d’observation. Les nuages se sont dissipés durant quelques secondes, le temps de nous laisser apercevoir sa majesté Le Volcan, mais ils se refermaient presque aussitôt, un peu comme cela c’était passé en haut du Huayna Picchu au Pérou, ce pain de sucre qui domine l’incroyable cité Inca du Machu Picchu.
 
Éruption et coulée de lave

Cherchant à voir les coulées de lave de face, nous marchons presque une heure de plus avant de trouver le spot tranquille où s’installer.

D’heure en heure, on passe de la frustration (un brouillard à couper au couteau, quelques gouttes de pluie, des nuages, des éclaircies, et finalement le rideau qui s’ouvre et laisse apparaître les traînées rouge incandescent sur le versant du volcan, que l’on entend parfois gentiment gronder. La bouche envoie des jets de lave plus ou moins importants et l’on peut entendre au loin les bouillonnements ! L’éruption n’est pas énorme, mais largement suffisante pour fasciner tous les curieux et amoureux de la nature qui ont accouru des quatre coins de l’île. La coulée luit dans l’obscurité comme un serpent fluorescent.
 
La pleine lune se lève sur le volcan
A la nuit tombée le spectacle est magique devant nous, mais aussi sur le sentier, qui se transforme en retraite aux flambeaux, les flambeaux traditionnels étant remplacés par les lampes frontales et les tenues militaires par des tenues de raiders moulantes aux bandes réfléchissantes. Car réunionnais et zoreils sont venus en masse assister à l’éruption.
Randonneurs

Vers 21 heures, le retour se fera sous la pluie et le brouillard, remontant la rivière comme des saumons, croisant des curieux qui ont accouru (après le travail ?) armés de leur frontale qui, dans le brouillard, me rappellent les mineurs de Potosi. La comparaison s’arrête bien évidemment là, car
ceux qui arrivent sont joyeux et fébriles à l’idée de voir cet événement qu’ils attendaient avec tant de hâte.

 
Face au volcan Piton de La Fournaise


La plupart sont venus en groupes, famille ou amis, parfois même avec une tente ou des tapis de sol pour attendre le lever du jour. Il fait pourtant très froid dès que l’on s’immobilise. Courageux (ou inconscients ?) ceux qui ont dormi le long du sentier à peu de mètres des remparts de qui tombent a pic sur l’enclos « Fouqué », 400 mètres plus bas…

 
Après une pause de 4 heures et à peine quelques minutes de sommeil sur le parking à l’abri du froid et du vent qui deviennent glaciaux (nous sommes à quelques 2 100m d’altitude), nous reprenons pour la 3ème fois le sentier qui nous mènera vers « le spectacle ». Mes jambes sont fatiguées mais je marche à une cadence presque militaire avec pour seul objectif le volcan au lever du soleil. Un véritable défi pour mon genou et pour moi qui ai peur de l’obscurité. Après une nouvelle heure et demi à marcher dans le fé’noir (la nuit en créole), nous retrouvons une corniche où admirer la féerie qui s’estompe un petit eu après 24 heures d’effusion.
 
Lever de soleil sur le volcan

Peu avant le lever du jour le brouillard se lève, mais les nuages qui entourent le volcan ne nous laisseront que quelques instants pour immortaliser le monstre de 2 632 mètres à la lumière du crépuscule que les photographes aiment tant.

 
Le retour est difficile, la fatigue physique est là, mais quel souvenir.
C’était INTENSE, le volcan nous a offert son sang comme je vous offre parfois mes entrailles sur ce blog
Merveilleux souvenir, vœu exaucé, magie de l’instant et de l’atmosphère qui entoure cette expédition surprise et à la fois tant attendue !
 
Découvrez une sélection de PHOTOS DU VOLCAN 
prises cette nuit et au lever du jour 
sur ma page dédiée !
 
Face au Piton de la Fournaise, La Réunion

 

 

6 réflexions sur “Éruption du volcan Piton de la Fournaise à La Réunion !”

  1. Superbe !
    Bon, ok, ça ne jaillit pas, mais bon, c'est déjà pas mal de voir la Terre gronder devant soi.

    Une petite suggestion concernant l'ajout de © Olympia Dubischar
    qui fait tâche sur les photos, car non travaillé : il faudrait jouer sur l'opacité pour obtenir une police moins flash, comme sur cette photo :
    http://goo.gl/PKvcfm
    La signature y est mais elle n'agresse pas l'oeil.
    (obtenue avec le logiciel photofiltre : CTRL + T, puis Effet, puis opacité à 10%)
    Que du bonheur !
    😉

    Ulysse

  2. Sacré Ulysse ! Merci beaucoup pour ta fidélité et tes conseils, en l’occurrence j'ai voulu être très réactive et « balancer » les photos au plus vite après être rentrée 🙂
    J'ai fait au plus simple e au plus rapide avec les moyens que je maîtrise, mais tu as raison et je vais regarder ça pour mes prochains exports. A bientôt !

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