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MON NOËL EN RÉPUBLIQUE DOMINICAINE

Passer les fêtes de Noël sous le soleil des tropiques, c’est pour beaucoup une fantaisie, un rêve. J’ai volontairement choisi de faire une « pause » de deux mois au milieu de mon Tour du Monde qui en fait 8, dans le lieu qui a conquis mon cœur depuis 2002. Je parle du village de Las Galeras en République dominicaine.
Au delà du cliché « Noël sous les tropiques », cet arrêt représente pour moi beaucoup plus que de la bronzette sous les cocotiers à l’heure où d’autres boivent du vin chaud en grelottant dans le froid hivernal des marchés de Noël…
Je vous explique pourquoi.

Noël sous le soleil de la République dominicaine

Un article en ce jour de Noël pour tout d’abord vous remercier de partager avec moi ce merveilleux voyage à travers mes photos et quelques ressentis que j’ai décidé de vous offrir depuis depuis bientôt 3 mois sur les routes d’Argentine, de Bolivie, du Pérou, de Miami et de République Dominicaine.

Grâce aux deux fidèles compagnons de voyage que mes amis m’ont offert : mon appareil photo et mon netbook, mais aussi les belles rencontres qui ont croisé mon chemin et les deux chats qui ont désormais décidé de venir me saluer chaque matin à la porte de mon bungalow -non sans un intérêt certain pour quelques restes de poulpe ou de dorade que je partage avec eux-.

Las Galeras, mon lieu de prédilection

Depuis mon départ en Tour du Monde, ce sont 87 jours de bonheur qui me semblent avoir duré des mois et que je vais maintenant prendre le temps de digérer (en plus du fabuleux dîner de Noël préparé de bout en bout par Diane hier toute la journée) tranquillement dans mon « refuge » spirituel ici à Las Galeras, en République Dominicaine
 
Après m’être auto-proclamée Ambassadrice Officielle pour la Promotion du Tourisme en Argentine, je pense proposer la même distinction au Maire de Las Galeras -pour peu qu’il y en ait eu un- puisque cela fait plus de 8 années que je crie à qui veut bien l’entendre que le PARADIS EST ICI !

Je devrais garder cet endroit secret mais ma nature revient toujours au galop et je ne peux m’empêcher de montrer ce coin de Paradis autour de moi.
Bien entendu, avec les années cet endroit idyllique révèle ses défauts et l’envers du décor l’est beaucoup moins pour ses habitants à l’année.
 

Las Galeras : des français sous les tropiques

Las Galeras, c’est un village de pêcheurs au bout de la péninsule de Samaná, dans le nord ouest de l’île. C’est une communauté de dominicains, en grande majorité pêcheurs ou paysans qui cohabitent en paix avec une petite colonie de français et d’italiens. C’est un microcosme avec ses avantages et ses travers : une ambiance de village avec ses histoires, ses rumeurs, parfois ses différents et ses drames, qui vit au jour le jour avec l’espoir d’un boom économique qui semble ne jamais arriver. Et cela pour la joie des « vacanciers » qui comme moi viennent et reviennent encore, justement parce que Las Galeras reste un petit village authentique, bien à part des plages d’hôtels all-inclusive surdimensionnés avec leurs piscines et leurs bars à volonté.

Dans ma tête, je me dis « pourvu que cela ne change jamais« , alors que dans celle des natifs du village c’est probablement l’espoir d’un jour accéder à la richesse et la modernité dans toute sa splendeur. Dans celle des résidents étrangers, c’est le choix d’une vie plus proche de la nature et des rapports humains, souvent au détriment d’un enrichissement économique qui souvent rime avec la perte des principes que je viens de nommer.
 

L’effet « Las Galeras »

A chacune de mes arrivées mon cœur bat de plus en plus fort au fur et à mesure que la « guagua » approche du village. Les guaguas sont les taxis collectifs, en général des pick-up ou de petits vans souvent délabrés qui partent de Samaná et font monter les gens tout au long de la route pour quelques pesos dominicains, jusqu’à ce que chaque centimètre carré soit occupé.
 
La route qui était autrefois une piste de terre vient d’être finalement refaite après des années de travaux. Alors qu’il fallait d’une heure à une heure et demie pour faire le trajet Samana-Las Galeras en évitant les innombrables nids de poule, il faut désormais quelques quarante minutes pour rejoindre « El Pueblo » (de Samana) comme on l’appelle ici. 
 
Les anciens panneaux indiquant les noms des villages qui étaient jusque là sponsorisés par Brugal, la célèbre marque de rhum dominicain, ont été remplacés par de simples panneaux routiers… heureusement celui de l’entrée de Las Galeras est resté intact comme pour signaler qu’ici on est « oubliés » ; la route se termine par la plage, ici c’est le bout du monde.
Après… c’est la mer et l’horizon infini.
 
Alors mardi dernier lorsque j’étais à l’arrière du pick-up, à aspirer à poumons déployés les senteurs de cette nature luxuriante avec mes 3 sacs, 2 gros sacs de riz et mes 15 nouveaux amis, je ressentais une fois de plus cette joie que l’on a lorsque l’on va retrouver son amour après trop de temps d’absence. Le cœur qui bat la chamade et l’envie de crier, courir et sauter à pieds joints pour exprimer son bouillonnement intérieur.

Mon dernier séjour dans le village datait de l’année précédente et bien que les 3 mois de mon tour du monde qui viennent de s’écouler aient été d’une intensité extrême, l’idée de passer les fêtes et revoir « mon village » provoquaient en moi une vive émotion. Et puis, vous allez rire, j’ai calé mon vol d’arrivée avant la date prévue de fin du monde par les Mayas ; je m’étais dit que tant qu’à faire, je préférais être ici plutôt qu’ailleurs pour cette date fatidique !
 

La vie quotidienne dans un village dominicain

Les dominicains sont des gens souriants et expressifs ; dans la guagua tout le monde rit de bon cœur, même le vieux pasteur de l’église a toujours une blague ou une remarque à faire qui va provoquer un éclat de rire général. Et tout le monde prend part aux discussions. 

La musique est partout, et c’est bien elle qui a sonné mon entrée dans le village… difficile d’expliquer le bonheur que je ressent à chaque fois que je passe devant chez « La Rubia », le colmado qui est bien plus qu’une épicerie de village, c’est un lieu de vie, de rencontres où l’on vient acheter les bouillons-cubes à l’unité, le sucre au poids, essayer de dénicher quelque fruit ou légume pas encore trop gâté, au milieu des chats, de la poussière et des (petites) araignées. Les frigos rompent régulièrement la chaîne du froid et toutes sortes d’aliments s’y côtoient souvent sans emballage.

Qu’importe, ici c’est comme cela et on fait avec, de toute façon il n’y a pas le choix. Le colmado d’en face a même mis quelques chaises sur sa devanture maintenant pour que l’on puisse y boire sa bière ou son cuba-libre au son de la bachata qui fait la compétition avec le son saturé que dispensent les enceintes de chez La Rubia. C’est aussi là qu’on prend le concho, la « moto-taxi ». N’imaginez rien d’officiel ! juste des dominicains assis ou debout là pendant des heures, prêts à vous déposer quelque part dans le village pour une vingtaine de pesos. 

C’est vers 16 ou 17 heures que le village se met vraiment à vivre ; l’heure des courses et des gens dans la rue et de la musique en fond sonore à chaque porte.
C’est justement à cette heure-là que je suis arrivée mardi dernier, et de l’entrée du village au croisement de chez Gri-Gri -le 1er restaurant ouvert ici il y a près de 25 ans- j’avais déjà salué une demi-douzaine de personnes… 

Ici je ne suis plus vraiment une touriste même si ma peau est « blanche », les villageois me reconnaissent d’année en année et ce n’est souvent plus d’un « hola » que nous nous saluons mais d’une vraie poignée de main ou d’une embrassade chaleureuse qui ressemble plutôt à une salut de « retour au pays ».
 
Oui je suis revenue, encore et encore, cette fois-ci je reste 2 mois : suffisamment longtemps pour ne pas compter les jours et pouvoir prendre le temps, comme aujourd’hui, de rester des heures assise à la table en bois de ma terrasse à écouter le son de la mer, des oiseaux tropicaux et du vent dans les cocotiers. 
 
Un autre jour je vous raconterai « la Plage »… 
 
Joyeux Noël à tous, je vous envoie un bien chaleureux rayon de soleil d’ici !

 
 

Edit : Cet article datant de 2011, je tiens à préciser aux voyageurs qui voudraient découvrir Las Galeras que pas mal de choses ont changé depuis lors ; les « colmados » ont même des caisses enregistreuses et l’hygiène s’est bien améliorée, cela fait partie du dépaysement local !

0 réflexion sur “MON NOËL EN RÉPUBLIQUE DOMINICAINE”

  1. Que du bonheur !
    J'ai hâte de voir les photos ensoleillées que tu vas prendre de ce coin de paradis.
    Profite de ces 2 mois loin du froid de la métropole, les pieds dans le sable, la peau dorée par le soleil, et la tête dans les étoiles.
    Oin-oin

  2. Merci Edgarr, il ne suffit que d'une seule personne pour profiter avec moi d'un peu de ce bonheur pour que je me dise que cela valait la peine de le faire. Profite et profite encore !

    Oin-Oin (hey c'est pas fini ces pseudos fantaisistes ? ?!), si tu es ami avec moi sur FB, va donc voir les photos de l'album « Las Galeras » en attendant !
    Hasta luego

  3. Tu vis un rêve éveillé en parcourant le monde, ébahie par des paysages plus étonnants les uns que les autres, détachée du train train quotidien, semblant dans ta bulle de sérénité… et puis, d'un coup, c'est le drame : tu chipotes parce qu'un follower a osé utiliser le pseudo oin-oin.
    Aurait-il fallu utiliser Jean-Edouard du Fermoirdemonsac ?
    Respire par le nez, ça va aller !
    😉
    Jean-Edouard du Fermoirdemonsac, aka oin-oin.

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